Un jeune peut connaître les règles de sécurité et hésiter malgré tout à demander de l’aide. Pour les parents comme pour les professionnels, une question essentielle reste donc ouverte : que faisons-nous pour qu’un échange soit possible quand quelque chose devient inconfortable en ligne ?

Présentée par Jeunes et médias le 14 septembre 2026, la campagne suisse « Être présent·e » met l’accent sur le rôle des adultes face aux infractions sexuelles en ligne envers les enfants et les jeunes. Elle invite notamment à écouter, à dialoguer et à agir ensemble. Elle rappelle que la responsabilité d’une infraction appartient à son auteur, jamais à l’enfant.

Ouvrir une conversation qui ne commence pas par un contrôle

Voici une proposition à essayer lors d’un moment calme : demander au jeune ce qu’un adulte comprend mal dans ses usages numériques. La question ne nécessite ni de montrer son téléphone ni de dévoiler ses conversations. Elle laisse le choix du sujet et permet à l’adulte d’entendre une réponse qu’il n’avait pas anticipée.

On peut ensuite demander comment une personne de son âge voudrait être accueillie si elle venait raconter un problème. Cette formulation indirecte évite de supposer qu’un incident a eu lieu. Elle permet aussi de repérer les réactions qui ferment la discussion, sans exiger de confidence.

Deux réactions à comparer, dans un scénario fictif

Un adolescent dit à un éducateur : « Je crois que j’ai accepté quelqu’un que je ne connais pas vraiment. » Le groupe examine deux débuts de réponse. Le premier réclame immédiatement le téléphone et reproche le choix effectué. Le second remercie le jeune d’en parler et lui propose de chercher ensemble la prochaine étape.

L’exercice consiste à décrire ce que chaque réaction peut rendre plus facile ou plus difficile dans l’échange. Il ne demande à personne de raconter un fait vécu. Ce support est une proposition pédagogique originale, pas une scène de la campagne suisse.

Préparer la continuité entre adultes

Dans une structure, « tu peux venir nous parler » reste vague si le jeune ignore qui sera disponible. Une équipe peut travailler sur un parcours simple : une personne repère pendant l’activité, une solution si elle est absente, puis une explication claire de ce qui se passera après une demande d’aide.

Ce parcours se prépare entre professionnels selon les responsabilités et procédures de la structure. Il ne faut pas promettre un secret absolu que l’on ne pourrait pas tenir. Le jeune doit pouvoir comprendre, avec des mots adaptés, pourquoi d’autres adultes pourraient devoir être associés à sa protection.

Une courte activité pour préparer le dialogue

  • Écrire une phrase qui permet de demander un entretien sans devoir tout expliquer devant les autres.
  • Choisir un moment et un lieu où cette demande peut être entendue.
  • Vérifier que le jeune sait vers qui se tourner si la première personne n’est pas disponible.

Ces propositions servent à préparer la relation. Si une situation préoccupante apparaît, l’atelier doit laisser place à l’accompagnement et aux relais compétents. Il ne faut pas demander au groupe d’enquêter ni faire circuler des contenus pour démontrer ce qui s’est passé.

Passer d’un message de prévention à une habitude

Une affiche ou une conférence peut amorcer le sujet. La disponibilité se construit ensuite dans les réponses ordinaires : laisser finir une phrase, reconnaître que l’on ne comprend pas encore, expliquer la suite. Une nouvelle discussion quelques semaines plus tard peut vérifier si les repères annoncés restent connus et utilisables.

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Source suisse : publication Jeunes et médias citée dans cet article, consultée le 16 octobre 2026. Les propositions d’activité sont celles de Prévention Internet. La citation de cette ressource indépendante ne constitue pas un partenariat.

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